Déconstruction II : Question de genres : de l'inutilité du pénis

Publié le par Kallisti

Déconstruction II : Question de genres : de l'inutilité du pénis

Il va falloir qu’on parle de genre. Tu sais, cette question de société qui dit que la femme est l’égale de l’homme, et même que, au fond, on peut être une femme en étant biologiquement un homme et un homme en étant biologiquement une femme, ou ni l’un ni l’autre, ou et l’un et l’autre. Je te propose qu’on parle de genres dans le contexte de la sexualité.

Au sein de la relation sexuelle, qu’est-ce qui différencie l’homme de la femme ? C’est sans conteste l’organe reproducteur masculin, que j’appelle le zizi. La chose se veut comme ça : l’homme, ou le garçon, c’est celui qui a un zizi. La femme, quant à elle, est munie d’un vagin, en fait un trou, qui est sensé recevoir le sexe masculin de l’homme.

Je sais que je ne t’apprends rien, mais sois patient une minute parce que voilà la chose intéressante. On attend d’un rapport sexuel qu’un pénis pénètre un vagin. Mais qu’est-ce que ce genre de rapports, si ce n’est qu’un zizi doit prendre place dans un trou ?! Or des trous, tout le monde en a, pas que la fille, et il ne se limite pas au vagin. En fait, et tu ne me contrediras pas, chacun peut être pénétré et un rapport sexuel peut se passer de vagin, peut se passer fille.

Pour ce qui est du zizi, il va falloir faire un effort de déconstruction. J’ai couché avec un certain nombre d’hommes, j’ai vu presque autant de zizi et tous ne fonctionnaient pas. Ben oui, parfois l’homme jouit trop vite ou sa chose ne se lève pas. Le fait est que c’est un outil très fragile, dont le "fonctionnement" peut être perturbé par un traumatisme antérieur, l’alcool, un accident, une opération, etc. Tous les hommes n’ont donc pas de zizis capables de pénétrer un trou. Sont-ce pour autant des personnes sans activité sexuelle ? je t’assure que non !

Et de même qu’il y a des garçons sans pénis, il y a des filles, comme moi, qui ont un zizi. Dans mon cas, il est dans un tiroir à côté de mon lit, il est violet et on me l’a offert il y a quelques années. Tu vois où veux en venir ? La virilité qu’ont les garçons entre les jambes est en fait des plus relatives. De fait, cette distinction homme-femme est des plus floues.

Qu’on arrête d’associer l’homme au pénétrant et la femme au pénétré, qu’on arrête de vouloir absolument assembler ces deux polarités qui, si elles avaient une utilité dans une société où le rapport sexuel servait à se reproduire, n’ont plus de pertinence aujourd’hui. J’encourage toutes les femmes à découvrir la pénétration d’autres femmes et d’autres hommes. J’encourage les hommes à se faire pénétrer par d’autres hommes et par d’autres femmes. Qu’on découvre ses goûts et qu’on cherche ceux qui s’y accordent, car en fin de compte qu’importe le sexe biologique de son/sa partenaire.

Qu’en sexualité, la différenciation entre homme et femme dépasse l’égalité pour se contenter d’imager des mélanges de corps, des échanges entre personnes épanouies et consentantes, un foisonnement de plaisir et de complicité.

Définissons-nous par nos pratiques, par nos goûts, pas par la présence ou l’absence biologique d’un organe. Choisissons nos partenaires pour ce qu’ils dégagent, pour les envies et les sentiments qu’ils éveillent en nous, pas par convention, parce qu’ils sont disponibles et du bon sexe. Quittons ce carcan limité et triste. Je veux que tu me promettes de te découvrir, de t’assumer et d’apprécier tes expériences !

..K..

Publié dans Anarchies

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